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 Frank Horvat

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Bruno
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Bruno

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MessageSujet: Frank Horvat   Frank Horvat I_icon_minitimeJeu 10 Déc - 8:41

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auto portrait

Le 21 octobre dernier, le monde de la photographie pleurait la disparition de Frank Horvat. Ce photographe français de génie a su s’approprier et renouveler les codes de la photographie des années 40 jusqu’à aujourd’hui, de la photo de rue à la mode.

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1951, Firenze Italy, First fashion photograph

L’absence de frontières

Toute sa vie, Frank Horvat se jouera des frontières, qu’elles soient géographiques ou artistiques. Né en 1928 à Abbazia en Italie (aujourd’hui en Croatie), Frank Horvat aura vécu dans six pays de l’Italie à la Suisse ou au Pakistan avant de s’installer en France. Il n’aura de cesse de voyager, qu’il suive sa famille juive originaire d’Europe centrale durant la guerre ou qu’il parcourt le monde pour ses photoreportages.

S’initiant lui-même à la photographie, obtenant son premier appareil contre sa collection de timbres, Frank Horvat fait en 1950 une rencontre déterminante pour la suite de sa vie : Henri Cartier-Bresson. Sur les conseils du maitre, il part deux ans en Inde puis au Pakistan comme photojournaliste indépendant armé d’un Leica. De retour en France, il rejoindra brièvement l’agence Magnum entre 1958 et 1961.

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1958, Paris, pour Jardin des Modes, chapeau Givenchy

L’approche du reportage pour renouveler la photographie de mode

Sous la direction d’Edward Steichen, le MoMA (Muséum of Modern Art) le convie en 1995 pour présenter son travail à l’occasion de « The Family of Man », l’exposition rassemblant 500 images dans les États-Unis d’après-guerre qui se veut un manifeste pour la paix et l’égalité.
C’est peu après, dans les années 60, que Frank Horvat connaitra le succès grâce à ses photos de mode mettant en scène les élégantes avec un réalisme inédit. Ses clichés s’arrachent au sein des publications : Vogue, Elle, Jardin des Modes, Harper’s Bazaar… toutes apprécient le naturel de ses images, sa patte de reporter, qui renouvelle le genre en cette période d’après-guerre.
Pour parvenir à saisir le charme spontané de ses mannequins, Frank Horvat refuse les artifices et n’hésite pas à bousculer les conventions comme ses modèles allant jusqu’à les capturer dans le métro dans l’élégant uniforme New Look de l’époque.

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1958, Paris, Fashion in the métro pour Jardin des Modes

Amoureux de la femme, Frank Horvat n’a eu de cesse de sublimer son corps et son visage. De l’élégance surannée de ses clichés de mode à ses portraits à l’atmosphère picturale, la femme est célébrée dans sa beauté et sa diversité.
Un même médium pour un regard sans cesse renouvelé

En 1974, le photographe réalise un cliché devenu iconique grâce à un jeu de perspective astucieux et les escarpins vertigineux prennent alors le pas sur la tour Eiffel. Cette liberté et la diversité de ses prises de vue lui vaudront quelques critiques questionnant la sincérité de ses images, mais surtout les remontrances d’Henri Cartier-Bresson, peu enclin à ce mélange des genres.

Frank Horvat assumait la versatilité de ses prises de vues, bien conscient toutefois que son éclectisme rendait difficile la reconnaissance immédiate de sa signature photographique. Plus connu pour ses photographies iconiques en noir et blanc il était par ailleurs un adepte et maitre de la photo couleur.

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1974, Paris, pour Stern, Shoes and Eiffel Tower

Trois essais photographiques, entrepris après 1976, lui permettront de libérer sa créativité affranchie de la commande. Ces projets personnels donneront naissances à plusieurs livres et expositions. Marqué par la perte progressive de sa vue, Frank Horvat se plonge à cette période dans l’écriture, craignant de devoir se détourner de la photographie. Il publie en 1990, Entre-Vues, un recueil d’entretiens avec ses confrères photographes, de Robert Doisneau à Sarah Moon ou Helmut Newton.
Une photographie picturale célébrant la femme

Se définissant comme « un sculpteur de lumière », Frank Horvat s’essaya également à la nature morte et à la sculpture. Il laissa son amour pour la peinture et les beaux-arts infuser ses images, qu’elles soient prises le long des faubourgs parisiens ou aux détours des rues de Calcutta. Renoir, Picasso ou Degas, les grands maitres de l’art l’inspirent sans jamais le brider, son esprit mordant et son humour étant toujours au rendez-vous.

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1982, Veronique, Vrai Semblances

C’est sa vision de la femme comme muse et son esthétique picturale plus éloignée des critères de beauté imposés par les rédactions qu’il mettra en œuvre dans son studio de 1981 à 1986 avec Vrai Semblances. Il y met en scène un jeu d’associations, suggéré plus que copié, entre la photographie et la peinture classique, réinterprétations libres de la Jeune Fille à la Perle de Vermeer ou des arlequins de Picasso en s’entourant d’inconnues, d’amies ou de sa famille.

Devant son objectif, sa femme se métamorphose en Maja nue (Francisco de Goya) tandis que sa fille Fiammetta devient pour lui une Infante Marie-Thérèse, que Velásquez n’aurait pas reniée. Après plus de vingt années baignées dans la mode, lui plus que quiconque saisit pour ce projet l’importance du choix des costumes pour que le regard se porte sur la femme.

Si ces photographies, récemment remises à l’honneur par la galerie Lelong & Co, empruntent aux beaux-arts une certaine patine, elles n’en manquent pas moins de mouvements et de vie. Elles sont ancrées dans l’époque qu’elles documentent et portent le nom de leur modèle, des femmes résolument modernes.
Sur le front de la modernité

Toujours en prise avec son temps, Frank Horvat accueillera dès 1990 les innovations technologiques en utilisant l’ordinateur et manipulera l’image à l’envie dans ses photomontages.

Suscitant des impressions mitigées, son projet Le Bestiaire et Les Métamorophoses d’Ovide, continue de questionner le lien entre peinture et photographie en faisant un usage absolument libéré de la retouche photo ; il reviendra peu après à une approche plus subtile du traitement de l’image.

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1996, Boulogne-Billancourt, Centaurus

Frank Horvat livrera ce qui demeure ses projets les plus personnels avec 1999, livre photo retraçant une année de la vie intime du photographe. Né de son idée de réaliser une photo par jour, 1999 rassemble les lieux et les visages croisés dans les quinze pays de l’Union européenne traversés cette année-là. Une réflexion sur le temps comme sur l’identité plus qu’une autobiographie en image. Suivra La Véronique, galerie de portraits et natures mortes pris dans les années 2000.

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2003, Cotignac, France, « La Véronique », The artificials flowers

La Maison aux Quinze Clefs, Photographic Autobiography ou Please don’t Smile sont autant d’ouvrages rassemblant les images du photographe français. Ses clichés font partie des collections de prestigieuses galeries et musées à travers le monde : du Victoria and Albert Museum à Londres à la Maison européenne de la Photographie ou au MoMA. Lui-même collectionneur, Frank Horvat s’est entouré d’un musée personnel de 500 clichés, échangés avec les siens auprès des artistes qu’il estimait le plus, une collection qui constitue un prisme nouveau pour envisager ses influences.

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1978, Nevada USA, Aspen trees in snow

Publié quelques jours seulement après sa mort, Side Walk (aux éditions Xavier Barral) rassemble au fil des pages, à la façon d’une promenade urbaine, les photographies couleur de la période new-yorkaise de l’artiste. Le livre scelle ainsi près de 75 années passées à inlassablement capturer l’esprit d’une époque et de sa galerie foisonnante de personnages.

Touche-à-tout de génie, Frank Horvat a marqué le XXe siècle aussi bien pour ses photographies de mode à l’élégance certaine que pour ses photos de rue ou de paysages. Frank Horvat a tiré sa révérence à 92 ans le 21 octobre 2020. Ses images continuent de nous accompagner. Elles sont à découvrir ou redécouvrir sur son site, nommé avec l’humour qui lui ressemblait Horvatland (http://www.horvatland.com/WEB/main.htm).
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https://mauritius4.wixsite.com/bruno-lelait
 
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